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Savoir-faire

La marqueterie de paille est une technique artisanale rare et méconnue. On compte une dizaine d’artisans en activité en France.

 

Comme 90% des marqueteurs de paille en France, j’ utilise le seigle pour ses qualités de brillance et de robustesse.

J’ achète ma matière première à un céréalier installé en Bourgogne, en général j’achète la paille déjà teintée mais il m’arrive pour des demandes spécifiques de devoir la teindre à l’atelier. Pour cela, j’ utilise les mêmes produits que dans le domaine textile et je laisse tremper les brins de paille quelques heures – en fonction de l’intensité de la couleur recherchée – dans un bain d’eau frémissante. Du jaune le plus clair, qui est la couleur naturelle de la paille au brun le plus foncé en passant par les pourpres, verts, ou bleus. Je dispose d’une belle palette de couleurs. 

Chacune de mes créations est unique, je réalise d’abord des recherches sur le sujet, vient alors le dessin, la définition des couleurs, le sens de la paille - car l’intensité des couleurs en dépend -  et l’ordre de découpe et de collage. Ensuite, je passe à la pratique.

 

Aucune machine n’intervient dans la réalisation d’une marqueterie de paille. Tout se fait à la main, à l’aide de quelques outils et de beaucoup de patience. Tout d’abord, j’ ouvre le brin de paille dans le sens de la longueur avec mon ongle et je l’aplatis à l’aide d’un plioir afin qu’elle devienne souple, lisse et brillante. 

 

Pour la suite, les techniques diffèrent

 

- Le fraisage : je colle la paille directement sur le support prévu pour la recevoir, quand le motif est simple

- Quand le dessin devient plus complexe, je colle au préalable la paille aplatie sur une feuille de papier, de façon  à former des aplats de paille. 

Ces planches pourront être redécoupées et assemblées en fonction du motif.

 

La paille est toujours collée avec de la colle à bois sur son côté mat. On peut appliquer la paille sur de nombreux supports : bois, métal, plastique, papier… Les brins de paille sont collés un à un. Ayant choisi de travailler le figuratif, certains motifs, extrêmement précis - au demi millimètre près voire moins - nécessitent que je les découpe à nouveau à plusieurs reprises. Un motif d’une quinzaine de cm peut me prendre de 15 à 30 heures en fonction de sa complexité.

 

Ensuite, j’enlève le surplus de colle à l’aide d’une petite éponge humide et d’un tissu en coton doux. La paille est naturellement protégée par un vernis siliceux qui l’imperméabilise, ce qui lui donne une brillance unique et la protège même des parasites. Une fois la pièce nettoyée, elle est mise sous cadre avec le plus grand soin.